Ce qu'il faut faire pour réussir une entretien d'embauche
11:44pm
BST on April 25, 2009
1. Attachez de l'importance à votre présentation (costume, robe ou ensemble, coiffure, cravate, etc.) en rapport avec l'activité de l'entreprise et le poste recherché.
2. Abordez le premier contact avec votre interlocuteur tout simplement par une poignée de main qui doit être franche et énergique (sans lui écraser les phalanges), vous serez tout de suite classé dans la catégorie des gens directs, spontanés, dynamiques.
3. Prenez en main dès le début le débat en devançant les réponses aux questions traditionnelles (motif de départ, salaire souhaité).
4. Souriez de manière naturelle et non forcée.
5. Apparaissez enthousiaste.
6. Vos silences ne doivent pas être inexpressifs ; pour cela, ayez un regard franc, parfois admiratif, parfois interrogatif.
7. Pour mener le débat, jetez-vous à l'eau en posant des questions originales sans indisposer votre interlocuteur.
8. Informez-vous sur la nature du poste. S'agit-il d'une création ou d'un remplacement ? Auquel cas, cherchez à savoir si c'est une promotion, un licenciement ou un départ spontané.
9. Répétez le plus souvent dans la conversation le nom de votre interlocuteur car c'est le mot qu'un individu considère comme le plus agréable et le plus important de tout le vocabulaire ; ainsi, plus vous répèterez le nom de M. DURAND, plus vous vous rendrez sympathique à ses yeux.
10. Questionnez votre interlocuteur sur les objectifs à long et moyen terme dans la société susceptible de vous employer ; cela afin de marquer l'importance que vous attachez à ce nouvel emploi et surtout dégagez en ce qui vous concerne une impression de stabilité, motivation importante pour un employeur.
11. Donnez au cours de l'entretien des informations sur la société qui vous accueille pour lui prouver l'intérêt que vous lui portez.
12. Employez le jargon professionnel mais sans excès.
13. Montrez un intérêt tout particulier pour les personnes avec lesquelles vous serez en prise directe ; vous aurez visé juste car vous répondrez ainsi à une motivation première des dirigeants d'entreprise ou des DRH, qui est l'intégration harmonieuse d'un élément nouveau au sein d'une équipe en place.
14. Si vous jugez utile de prendre des notes, ayez la correction de vous enquérir pour savoir si cela ne dérange pas.
15. Soyez très attentif lors de l'entretien, même si celui-ci est perturbé par des appels téléphoniques, ou l'entrée de collaborateurs, de manière à ne pas être pris au dépourvu si votre interlocuteur vous demande : "Au fait, oû en étions-nous ?"
16. Formulez vos questions à partir d'éléments fournis par votre interviewer.
17. N'hésitez pas à demander à votre interviewer les responsabilités qu'il occupe au sein de la l'entreprise.
18. Sachez mettre en valeur sans ostentation les initiatives que vous avez été amené à prendre.
19. Montrez de l'intérêt pour le poste proposé sans donner pour autant l'impression que vous êtes aux abois.
20. Démontrez à votre interviewer que les initiatives que vous avez déjà prises peuvent trouver une application au sein du poste proposé.
21. Demandez en fin d'entretien comment se situe votre candidature à ce stade de la sélection; cette question a un triple intérêt : d'abord de vous éclairer sur les chances réelles de votre candidature, ensuite de laisser deviner en vous un personnage motivé par l'esprit de compétition, de confirmer l'impression d'un candidat à l'aise qui ose poser une question à laquelle les autres ne pensent même pas ; bref, de faire de vous quelqu'un dont on se souviendra
Ce qu'il ne faut pas faire pour réussir son entretien d'embauche
22. Évitez, pour les femmes, une tenue provocante et cherchez à réduire au minimum le maquillage, les ongles colorés et le rouge à lèvres.
23. N'arrivez pas en retard ni trop en avance.
24. Ne vous asseyez pas si on ne vous a pas invité à le faire.
25. Ne vous "vautrez" pas confortablement dans le fauteuil que l'on vous présentera, mais inversement ne vous raidissez pas au bord du siège.
26. Ne triturez pas nerveusement les objets (stylo, etc.).
27. Ne posez pas votre serviette sur vos genoux, mais à côté de vous, en la laissant ouverte pour accéder rapidement aux documents que vous voudrez montrer.
28. Ne fumez pas si possible pendant l'entretien.
29. Évitez de regarder votre montre sans cesse.
30. Ne laissez pas entrevoir que c'est votre premier entretien.
31. Ne critiquez pas votre employeur ou vos employeurs.
32. Ne coupez pas la parole à votre interlocuteur.
33. Ne vous dévoilez pas trop car certains éléments de votre vie peuvent être rédhibitoires.
34. Bannissez toute discussion politique.
35. N'insistez pas avec ostentation sur vos performances car l'autosatisfaction risque d'indisposer la personne qui vous reçoit.
36. Inversement, ne sous-estimez pas vos capacités.
37. Ne prenez pas pour autant une tête de condamné.
38. Ne laissez pas entendre que vous avez des revenus annexes qui peuvent vous dispenser de travailler.
39. Ne vous bradez pas en acceptant n'importe quoi.
40. Ne vous laissez pas piéger par des questions indiscrètes relatives à vos anciens employeurs.
41. Évitez d'aborder trop souvent des aspects de votre vie privée.
42. N'essayez pas d'apitoyer un employeur en lui faisant part des "calamités" personnelles (divorce, deuil, accident, maladie, etc.) qui risquent de l'indisposer car il ne cherche pas un collaborateur "à problèmes".
43. Ne répondez pas uniquement par "oui" ou "non" ; accompagnez-les au moins d'une brève phrase.
44. N'affabulez pas.
45. N'interrogez pas sur les primes annuelles, les congés, les problèmes de transport : rien de tel que ce genre de questions pour faire perdre à votre éventuel employeur toute envie d'en savoir plus sur vous ; une fois persuadé que vous faites l'affaire, il vous énumérera largement les avantages sociaux qu'offre sa compagnie.
46. Ne demandez pas si dans un proche délai vous pourrez prendre la place du chef de service...
47. N'abordez l'aspect salaire qu'à un stade très avancé de l'entretien.
48. Ne vous laissez pas désarçonner par des silences volontaires provoqués par votre interviewer ; profitez-en pour poser des questions pertinentes.
49. Ne minimisez pas le succès de vos démarches ; faites comprendre que vous êtes en pourparlers avec d'autres sociétés.
50. Évitez d'indiquer, si c'est le cas, que vous connaissez des personnes dans l'entreprise, car vous ignorez le jugement que votre recruteur porte sur elles.
70 questions pièges qui peuvent vous arriver lors d'un entretien d'embauche
Connaissez-vous la société ?
1. Pourquoi vous êtes-vous tourné vers notre entreprise en nous adressant une candidature spontanée ?
2. Qu'est-ce qui a retenu votre attention dans l'annonce à laquelle vous avez répondu ?
3. Connaissiez-vous notre société (ou marque) avant ce premier contact ?
4. Avant de vous présenter notre entreprise et le poste à pourvoir, dîtes-moi ce que vous pensez du questionnaire que nous vous avons fait remplir. Avez-vous des suggestions ou des critiques à formuler ?
5. À la lecture de l'annonce, quel est l'intérêt à vos yeux du poste à pourvoir ?
6. Parlez-moi un peu de notre entreprise ! Savez-vous quelle place nous occupons dans notre secteur ? Quels produits ou services pensez-vous que nous fabriquons ou commercialisons ? Connaissez-vous les produits ou services que nous lançons actuellement ? Qu'avez-vous retenu de notre dernière campagne de publicité ?
7. Quel attrait présente pour vous une P.M.E. comme la nôtre, vous qui avez travaillé dans une grande société ?
8. Êtes-vous attiré par les grandes entreprises ? Si oui, pourquoi?
9. Êtes-vous sensible aux avantages sociaux dont bénéficient nos salariés ?
10. Avez-vous un parent ou une personne de votre entourage qui travaille ou a travaillé dans notre entreprise ou dans une autre relevant de la même activité ?
Enfance - Scolarité - Formation
11. Enfant ou adolescent, que faisiez-vous à la maison ? En vacances ?
12. Êtes-vous chez vos parents ?
13. Quel parent (père, mère, oncle, tante, grand-père, grand-mère) a eu le plus d'influence sur vous ? Pourquoi ?
14. Admirez-vous votre père ? Votre mère ?
15. Aviez-vous de bons rapports avec vos camarades de classe ?
16. Quelle formation avez-vous ? Quels diplômes sanctionnent vos études? Pourquoi avoir choisi cette formation ?
17. Dans quelle discipline avez-vous brillé durant votre scolarité ?
18. Auriez-vous aimé suivre une autre filière scolaire ? Si oui, laquelle et pourquoi ?
19. Avez-vous eu des activités extra-scolaires ? Si oui, lesquelles ?
20. Avez-vous exercé des jobs rémunérés durant vos études ? Si oui, lesquels ?
21. Quelles langues étrangères parlez-vous ? Comment situez-vous votre niveau ? Avez-vous vécu dans les pays dont vous parlez la langue ? Parcourez-vous la presse étrangère ? Si oui, quels journaux ?
22. Avez-vous été amené à suivre une formation permanente ? Si oui, quels type de stages ?
Votre expérience
23. Faites-moi une description générale et rapide de votre expérience professionnelle (stages pour les débutants).
24. Décrivez-moi sommairement vos anciennes fonctions dans les postes précédents (ou stages pour les débutants).
25. Quel employeur vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
26. Pourquoi avez-vous quitté votre dernier employeur ?
27. Qu'est-ce qui vous amène à envisager de quitter votre actuel employeur ?
28. Indiquez-moi pour chacun des employeurs précédents les raisons qui vous ont poussé à les quitter ?
29. Au travers de votre expérience, indiquez-moi une initiative réussie ou un résultat dont vous êtes fier ?
30. S'il fallait faire le point sur le travail (ou la mission) qui vous a le plus enthousiasmé, lequel mettriez-vous en avant ? Pourquoi ?
31. Combien avez-vous dirigé de personnes et quelles qualifications avaient-elles ?
Qui êtes vous dans le travail ?
32. Comment vous jugez-vous ?
33. Citez-moi trois points forts ? Trois points faibles ?
34. Êtes-vous optimiste, réfléchi ou pessimiste ?
35. Êtes-vous assez perspicace pour mener à terme une mission difficile ? Si oui, donnez-moi un exemple.
36. Aimez-vous travailler seul ou en équipe ?
37. Vos fonctions vous ont-elles amené à diriger une équipe ?
38. Quelles sont, à votre avis, les qualités humaines requises pour animer ou diriger un service, un atelier, un département, une usine ?
39. Si votre supérieur vous reproche une erreur de votre service, imputable à l'initiative de l'un de vos collaborateurs, comment réagissez-vous ?
40. Aimez-vous les responsabilités ? Savez-vous en prendre ? Avez-vous un exemple?
41. Quelle est votre attitude vis-à-vis de la hiérarchie ?
42. Avec quel type de supérieur hiérarchique aimez-vous travailler ?
43. Accepteriez-vous d'être dirigé par une femme ?
44. Comme femme, avez-vous dirigé des hommes ? Si oui, quel comportement adoptez-vous face aux hommes qui acceptent mal de dépendre de l'autorité d'une femme ?
45. Comment vos subordonnés vous jugent-ils ?
46. Comment réagissez-vous par rapport aux personnes qui n'ont ni la même formation ni les mêmes pôles d'intérêt que vous ?
47. Aimez-vous déléguer vos fonctions ?
48. Comment organisez-vous votre travail dans une journée type ?
49. Êtes-vous un fervent des réunions ? Avez-vous été l'instigateur de réunions de travail ? À votre avis, quels sont les critères d'une "bonne réunion" ?
50. Dans de nouvelles fonctions, quelle est votre attitude vis-à-vis des subordonnés ?
51. Êtes-vous très attaché aux avantages sociaux ?
52. Quel service et quel type d'emploi vous attirent le plus ? Que recherchez-vous exactement ?
Divers
53. Quelles sont vos impressions après la visite ou la présentation de notre société?
54. Vous jugez-vous apte à remplir le poste ? Pourquoi ?
55. Pensez-vous trouver un épanouissement dans ce poste ?
56. Seriez-vous prêt à déménager ? En France ? À l'étranger ? À faire des déplacements fréquents ? En France ? À l'étranger ?
57. Êtes-vous titulaire d'un permis de conduire ? Quelle est votre voiture ?
58. Quand serez-vous disponible ?
59. Au fait, quelle est votre rémunération actuelle ? Combien envisagez-vous de gagner en entrant dans notre société?
60. Depuis combien de temps cherchez-vous du travail ? Depuis votre licenciement, que faîtes-vous ?
61. Actuellement, avez-vous rencontré d'autres entreprises ?
62. Si oui, certaines vous ont-elles déjà fait une proposition d'engagement ?
63. Êtes-vous propriétaire ou locataire de votre logement ?
64. Quelles sont les professions de vos parents ?
65. Quelle est votre situation de famille ? Marié, célibataire...?
66. Quels sont vos loisirs ? Vos hobbies ? Pratiquez-vous un sport ? Avez-vous beaucoup d'amis ?
67. Quels âges ont vos enfants et vous intéressez-vous à leurs études ? Avez-vous des projets pour eux ? Lesquels ?
68. Votre conjoint travaille-t-il dans la même branche que vous ? Est-il au courant de notre entretien ? Pourrait-il vous suivre dans vos déplacements à l'étranger ? A-t-il l'expérience de la vie outre-mer ? Envisagez-vous que vos enfants vous suivent ? Et leurs études ?
69. En dehors de vos loisirs et de vos hobbies, parlez-moi de vos activités extra-professionnelles, si vous en avez ?
70. Avez-vous été sollicité par un journal professionnel (ou autre) pour faire l'objet d'une interview ou pour rédiger un article ? Si oui, pouvez-vous en apporter la preuve ?
Les bonnes questions à poser lors d'un entretien d'embauche
Si vos questions sont posées avec tact, ils ne s'en offusqueront pas, bien au contraire. Cela donnera à vos interlocuteurs l'occasion de vanter les mérites de leur société. En apparaissant séduit par leurs réponses, vous les confirmez dans leur force de conviction.
1. Quelle a été l'évolution de la société ces dernières années en chiffre d'affaires, en personnel, en nouveaux produits ou services ?
2. Quels sont les principaux marchés de la société ? En un mot, qui sont ses clients directs ? A-t-elle une politique commerciale tournée vers l'exportation ? Quels sont les pays qui sont ses principaux clients ?
3. Quelle est la part de l'exportation dans le chiffre d'affaires ? À l'étranger, a-telle créé des filiales ou fait-elle appel aux services d'agents locaux ?
4. Quels sont, sans dévoiler vos secrets de fabrication ou de commercialisation, vos projets de développement à court et moyen terme ?
5. Qu'est devenue la personne qui occupait ce poste ? A-t-elle fait l'objet d'une promotion, d'une nouvelle affectation au sein de la société, d'un licenciement ou a-telle simplement donné sa démission et si oui, pourquoi ?
Cette liste n'est pas exhaustive, sans doute en trouverez-vous d'autres à poser, mais attention à la question qui tue !
Entretien : les gestes qui trahissent
Savez-vous qu'en dehors des questions pièges, il existe aujourd'hui quelque chose de beaucoup plus insidieux : l'analyse de tous vos gestes, mouvements ou postures que vous pouvez avoir lors de cet entretien d'embauche ?
Vous vous grattez l'oreille ? Vous croisez les bras ? Vous grignotez le bout de votre stylo ? Vous battez la mesure avec le pied droit ? Attention ! Ces gestes ne sont pas insignifiants : ils révèlent vos états d'âme à tel ou tel moment de l'entretien...
Ainsi, un candidat est en face du recruteur en position d'écoute active : il a le tronc penché en avant, les mains et bras ouverts vers le recruteur comme s'il voulait attraper ses paroles, etc. Bref, il est ouvert au dialogue. Puis soudain le recruteur lui pose une question, et là, brusquement le candidat se met en position d'écoute passive : il se rejette en arrière, croise les bras (geste de protection très fort) et la crispation des mains est telle que l'on voit ses doigts blanchir sous l'effort. En clair, le recruteur vient de lui poser une question majeure, une question embarrassante qui lui est extrêmement désagréable...
Ces comportements parasites peuvent être les plus divers : certains individus torturent leur stylo, leur porte-documents, etc. En réalité, c'est le recruteur qu'ils ont envie de torturer. Certes, les entretiens d'embauche sont très stressants puisqu'il s'agit de décrocher un emploi. Or, ces stress ou ces anxiétés laissent toujours le champ libre à toute une série de comportements et de micromouvements.
Cette méthode du "décodage du comportement" en a répertorié trois séries :
1. Les micromouvements de "régulation agressive"
Ce sont les plus fréquents car tout entretien d'embauche est porteur de tension. Le candidat sent qu'il a peut-être "gaffé". Seulement il ne peut laisser éclater cette tension extérieure. Force est de trouver une soupape. Alors il va mordiller son crayon ou griffonner un papier. Si l'on pouvait fixer un manomètre au bout du crayon à mine on y verrait parfois un degré de pression étonnante : une tension qui peut aller jusqu'au bris de la mine.
En réalité, faute de pouvoir casser la tête du recruteur, le candidat se contente de casser la mine. Autre exemple : le recruteur donne sa carte de visite au candidat. Le recruteur s'attend à ce que le candidat l'honore, or les recruteurs sont consternés par ce qu'ils voient : certains la plient en deux, d'autres se curent les dents avec ; tout juste si les candidats ne mangent pas cette belle carte qui porte le nom d'un recruteur. Voilà qui correspond, de la part des candidats, à une tentative très nette "d'anthropophagie" à l'égard des recruteurs !...
2. Les micromouvements de "régulation affective"
Le candidat les déclenche en général pour compenser un moment pénible de l'entretien. Ainsi, un candidat interrogé sur le résultat de ses études répond qu'il a tout raté en se passant les mains sur le visage et en se caressant les cheveux. Ce geste de douceur compense bien sûr une question embarrassante. A défaut de sa mère derrière lui pour lui caresser les cheveux, il l'a fait lui-même. Fumer fait aussi partie de ces mouvements de régulation affective car le contact avec la cigarette est très doux. Le fumeur est en pleine tétée;, c'est superbe. Fumer la pipe en revanche correspond à un mouvement de régulation agressive forte. Cela peut paraître curieux, car les fumeurs de pipe sont en général placides. En réalité, les fumeurs de pipe ont une capacité intérieure de révolte et d'éclat, mais ils utilisent toute une série de mouvements civilisés pour que l'on ne s'en aperçoive pas. Ils ne sont donc pas, selon l'auteur de cette surprenante méthode de décodage du comportement, des êtres paisibles et doux. Ce sont au contraire des révoltés fort bien dominés ou subjugués par eux-mêmes.
3. Les micromouvements de "régulation attentive"
Ils permettent d'écouter plus longuement un interlocuteur au prix d'une moindre fatigue nerveuse. Par exemple : les petits dessins ou graffitis que l'on fait sur un papier tout en écoutant quelqu'un ou le stylo que l'on n'en finit pas de démonter. En griffonnant ainsi le recruteur ne consacre que 50 à 60 % de son attention à l'écoute du candidat. Il fait une "dérivation", il se met en court-circuit, ce qui permet une écoute plus longue, meilleure, mais moins forte.
Pour user de cette astuce de recruteur, les candidats pourraient peut-être aussi déconnecter pour être plus à l'écoute des propos des recruteurs et être ainsi moins tendus. Peut-on maîtriser tous ces gestes ou micromouvements lors d'un entretien d'embauche ? Apparemment non, tout comme on ne peut changer son écriture très longtemps.
2. Abordez le premier contact avec votre interlocuteur tout simplement par une poignée de main qui doit être franche et énergique (sans lui écraser les phalanges), vous serez tout de suite classé dans la catégorie des gens directs, spontanés, dynamiques.
3. Prenez en main dès le début le débat en devançant les réponses aux questions traditionnelles (motif de départ, salaire souhaité).
4. Souriez de manière naturelle et non forcée.
5. Apparaissez enthousiaste.
6. Vos silences ne doivent pas être inexpressifs ; pour cela, ayez un regard franc, parfois admiratif, parfois interrogatif.
7. Pour mener le débat, jetez-vous à l'eau en posant des questions originales sans indisposer votre interlocuteur.
8. Informez-vous sur la nature du poste. S'agit-il d'une création ou d'un remplacement ? Auquel cas, cherchez à savoir si c'est une promotion, un licenciement ou un départ spontané.
9. Répétez le plus souvent dans la conversation le nom de votre interlocuteur car c'est le mot qu'un individu considère comme le plus agréable et le plus important de tout le vocabulaire ; ainsi, plus vous répèterez le nom de M. DURAND, plus vous vous rendrez sympathique à ses yeux.
10. Questionnez votre interlocuteur sur les objectifs à long et moyen terme dans la société susceptible de vous employer ; cela afin de marquer l'importance que vous attachez à ce nouvel emploi et surtout dégagez en ce qui vous concerne une impression de stabilité, motivation importante pour un employeur.
11. Donnez au cours de l'entretien des informations sur la société qui vous accueille pour lui prouver l'intérêt que vous lui portez.
12. Employez le jargon professionnel mais sans excès.
13. Montrez un intérêt tout particulier pour les personnes avec lesquelles vous serez en prise directe ; vous aurez visé juste car vous répondrez ainsi à une motivation première des dirigeants d'entreprise ou des DRH, qui est l'intégration harmonieuse d'un élément nouveau au sein d'une équipe en place.
14. Si vous jugez utile de prendre des notes, ayez la correction de vous enquérir pour savoir si cela ne dérange pas.
15. Soyez très attentif lors de l'entretien, même si celui-ci est perturbé par des appels téléphoniques, ou l'entrée de collaborateurs, de manière à ne pas être pris au dépourvu si votre interlocuteur vous demande : "Au fait, oû en étions-nous ?"
16. Formulez vos questions à partir d'éléments fournis par votre interviewer.
17. N'hésitez pas à demander à votre interviewer les responsabilités qu'il occupe au sein de la l'entreprise.
18. Sachez mettre en valeur sans ostentation les initiatives que vous avez été amené à prendre.
19. Montrez de l'intérêt pour le poste proposé sans donner pour autant l'impression que vous êtes aux abois.
20. Démontrez à votre interviewer que les initiatives que vous avez déjà prises peuvent trouver une application au sein du poste proposé.
21. Demandez en fin d'entretien comment se situe votre candidature à ce stade de la sélection; cette question a un triple intérêt : d'abord de vous éclairer sur les chances réelles de votre candidature, ensuite de laisser deviner en vous un personnage motivé par l'esprit de compétition, de confirmer l'impression d'un candidat à l'aise qui ose poser une question à laquelle les autres ne pensent même pas ; bref, de faire de vous quelqu'un dont on se souviendra
Ce qu'il ne faut pas faire pour réussir son entretien d'embauche
22. Évitez, pour les femmes, une tenue provocante et cherchez à réduire au minimum le maquillage, les ongles colorés et le rouge à lèvres.
23. N'arrivez pas en retard ni trop en avance.
24. Ne vous asseyez pas si on ne vous a pas invité à le faire.
25. Ne vous "vautrez" pas confortablement dans le fauteuil que l'on vous présentera, mais inversement ne vous raidissez pas au bord du siège.
26. Ne triturez pas nerveusement les objets (stylo, etc.).
27. Ne posez pas votre serviette sur vos genoux, mais à côté de vous, en la laissant ouverte pour accéder rapidement aux documents que vous voudrez montrer.
28. Ne fumez pas si possible pendant l'entretien.
29. Évitez de regarder votre montre sans cesse.
30. Ne laissez pas entrevoir que c'est votre premier entretien.
31. Ne critiquez pas votre employeur ou vos employeurs.
32. Ne coupez pas la parole à votre interlocuteur.
33. Ne vous dévoilez pas trop car certains éléments de votre vie peuvent être rédhibitoires.
34. Bannissez toute discussion politique.
35. N'insistez pas avec ostentation sur vos performances car l'autosatisfaction risque d'indisposer la personne qui vous reçoit.
36. Inversement, ne sous-estimez pas vos capacités.
37. Ne prenez pas pour autant une tête de condamné.
38. Ne laissez pas entendre que vous avez des revenus annexes qui peuvent vous dispenser de travailler.
39. Ne vous bradez pas en acceptant n'importe quoi.
40. Ne vous laissez pas piéger par des questions indiscrètes relatives à vos anciens employeurs.
41. Évitez d'aborder trop souvent des aspects de votre vie privée.
42. N'essayez pas d'apitoyer un employeur en lui faisant part des "calamités" personnelles (divorce, deuil, accident, maladie, etc.) qui risquent de l'indisposer car il ne cherche pas un collaborateur "à problèmes".
43. Ne répondez pas uniquement par "oui" ou "non" ; accompagnez-les au moins d'une brève phrase.
44. N'affabulez pas.
45. N'interrogez pas sur les primes annuelles, les congés, les problèmes de transport : rien de tel que ce genre de questions pour faire perdre à votre éventuel employeur toute envie d'en savoir plus sur vous ; une fois persuadé que vous faites l'affaire, il vous énumérera largement les avantages sociaux qu'offre sa compagnie.
46. Ne demandez pas si dans un proche délai vous pourrez prendre la place du chef de service...
47. N'abordez l'aspect salaire qu'à un stade très avancé de l'entretien.
48. Ne vous laissez pas désarçonner par des silences volontaires provoqués par votre interviewer ; profitez-en pour poser des questions pertinentes.
49. Ne minimisez pas le succès de vos démarches ; faites comprendre que vous êtes en pourparlers avec d'autres sociétés.
50. Évitez d'indiquer, si c'est le cas, que vous connaissez des personnes dans l'entreprise, car vous ignorez le jugement que votre recruteur porte sur elles.
70 questions pièges qui peuvent vous arriver lors d'un entretien d'embauche
Connaissez-vous la société ?
1. Pourquoi vous êtes-vous tourné vers notre entreprise en nous adressant une candidature spontanée ?
2. Qu'est-ce qui a retenu votre attention dans l'annonce à laquelle vous avez répondu ?
3. Connaissiez-vous notre société (ou marque) avant ce premier contact ?
4. Avant de vous présenter notre entreprise et le poste à pourvoir, dîtes-moi ce que vous pensez du questionnaire que nous vous avons fait remplir. Avez-vous des suggestions ou des critiques à formuler ?
5. À la lecture de l'annonce, quel est l'intérêt à vos yeux du poste à pourvoir ?
6. Parlez-moi un peu de notre entreprise ! Savez-vous quelle place nous occupons dans notre secteur ? Quels produits ou services pensez-vous que nous fabriquons ou commercialisons ? Connaissez-vous les produits ou services que nous lançons actuellement ? Qu'avez-vous retenu de notre dernière campagne de publicité ?
7. Quel attrait présente pour vous une P.M.E. comme la nôtre, vous qui avez travaillé dans une grande société ?
8. Êtes-vous attiré par les grandes entreprises ? Si oui, pourquoi?
9. Êtes-vous sensible aux avantages sociaux dont bénéficient nos salariés ?
10. Avez-vous un parent ou une personne de votre entourage qui travaille ou a travaillé dans notre entreprise ou dans une autre relevant de la même activité ?
Enfance - Scolarité - Formation
11. Enfant ou adolescent, que faisiez-vous à la maison ? En vacances ?
12. Êtes-vous chez vos parents ?
13. Quel parent (père, mère, oncle, tante, grand-père, grand-mère) a eu le plus d'influence sur vous ? Pourquoi ?
14. Admirez-vous votre père ? Votre mère ?
15. Aviez-vous de bons rapports avec vos camarades de classe ?
16. Quelle formation avez-vous ? Quels diplômes sanctionnent vos études? Pourquoi avoir choisi cette formation ?
17. Dans quelle discipline avez-vous brillé durant votre scolarité ?
18. Auriez-vous aimé suivre une autre filière scolaire ? Si oui, laquelle et pourquoi ?
19. Avez-vous eu des activités extra-scolaires ? Si oui, lesquelles ?
20. Avez-vous exercé des jobs rémunérés durant vos études ? Si oui, lesquels ?
21. Quelles langues étrangères parlez-vous ? Comment situez-vous votre niveau ? Avez-vous vécu dans les pays dont vous parlez la langue ? Parcourez-vous la presse étrangère ? Si oui, quels journaux ?
22. Avez-vous été amené à suivre une formation permanente ? Si oui, quels type de stages ?
Votre expérience
23. Faites-moi une description générale et rapide de votre expérience professionnelle (stages pour les débutants).
24. Décrivez-moi sommairement vos anciennes fonctions dans les postes précédents (ou stages pour les débutants).
25. Quel employeur vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
26. Pourquoi avez-vous quitté votre dernier employeur ?
27. Qu'est-ce qui vous amène à envisager de quitter votre actuel employeur ?
28. Indiquez-moi pour chacun des employeurs précédents les raisons qui vous ont poussé à les quitter ?
29. Au travers de votre expérience, indiquez-moi une initiative réussie ou un résultat dont vous êtes fier ?
30. S'il fallait faire le point sur le travail (ou la mission) qui vous a le plus enthousiasmé, lequel mettriez-vous en avant ? Pourquoi ?
31. Combien avez-vous dirigé de personnes et quelles qualifications avaient-elles ?
Qui êtes vous dans le travail ?
32. Comment vous jugez-vous ?
33. Citez-moi trois points forts ? Trois points faibles ?
34. Êtes-vous optimiste, réfléchi ou pessimiste ?
35. Êtes-vous assez perspicace pour mener à terme une mission difficile ? Si oui, donnez-moi un exemple.
36. Aimez-vous travailler seul ou en équipe ?
37. Vos fonctions vous ont-elles amené à diriger une équipe ?
38. Quelles sont, à votre avis, les qualités humaines requises pour animer ou diriger un service, un atelier, un département, une usine ?
39. Si votre supérieur vous reproche une erreur de votre service, imputable à l'initiative de l'un de vos collaborateurs, comment réagissez-vous ?
40. Aimez-vous les responsabilités ? Savez-vous en prendre ? Avez-vous un exemple?
41. Quelle est votre attitude vis-à-vis de la hiérarchie ?
42. Avec quel type de supérieur hiérarchique aimez-vous travailler ?
43. Accepteriez-vous d'être dirigé par une femme ?
44. Comme femme, avez-vous dirigé des hommes ? Si oui, quel comportement adoptez-vous face aux hommes qui acceptent mal de dépendre de l'autorité d'une femme ?
45. Comment vos subordonnés vous jugent-ils ?
46. Comment réagissez-vous par rapport aux personnes qui n'ont ni la même formation ni les mêmes pôles d'intérêt que vous ?
47. Aimez-vous déléguer vos fonctions ?
48. Comment organisez-vous votre travail dans une journée type ?
49. Êtes-vous un fervent des réunions ? Avez-vous été l'instigateur de réunions de travail ? À votre avis, quels sont les critères d'une "bonne réunion" ?
50. Dans de nouvelles fonctions, quelle est votre attitude vis-à-vis des subordonnés ?
51. Êtes-vous très attaché aux avantages sociaux ?
52. Quel service et quel type d'emploi vous attirent le plus ? Que recherchez-vous exactement ?
Divers
53. Quelles sont vos impressions après la visite ou la présentation de notre société?
54. Vous jugez-vous apte à remplir le poste ? Pourquoi ?
55. Pensez-vous trouver un épanouissement dans ce poste ?
56. Seriez-vous prêt à déménager ? En France ? À l'étranger ? À faire des déplacements fréquents ? En France ? À l'étranger ?
57. Êtes-vous titulaire d'un permis de conduire ? Quelle est votre voiture ?
58. Quand serez-vous disponible ?
59. Au fait, quelle est votre rémunération actuelle ? Combien envisagez-vous de gagner en entrant dans notre société?
60. Depuis combien de temps cherchez-vous du travail ? Depuis votre licenciement, que faîtes-vous ?
61. Actuellement, avez-vous rencontré d'autres entreprises ?
62. Si oui, certaines vous ont-elles déjà fait une proposition d'engagement ?
63. Êtes-vous propriétaire ou locataire de votre logement ?
64. Quelles sont les professions de vos parents ?
65. Quelle est votre situation de famille ? Marié, célibataire...?
66. Quels sont vos loisirs ? Vos hobbies ? Pratiquez-vous un sport ? Avez-vous beaucoup d'amis ?
67. Quels âges ont vos enfants et vous intéressez-vous à leurs études ? Avez-vous des projets pour eux ? Lesquels ?
68. Votre conjoint travaille-t-il dans la même branche que vous ? Est-il au courant de notre entretien ? Pourrait-il vous suivre dans vos déplacements à l'étranger ? A-t-il l'expérience de la vie outre-mer ? Envisagez-vous que vos enfants vous suivent ? Et leurs études ?
69. En dehors de vos loisirs et de vos hobbies, parlez-moi de vos activités extra-professionnelles, si vous en avez ?
70. Avez-vous été sollicité par un journal professionnel (ou autre) pour faire l'objet d'une interview ou pour rédiger un article ? Si oui, pouvez-vous en apporter la preuve ?
Les bonnes questions à poser lors d'un entretien d'embauche
Si vos questions sont posées avec tact, ils ne s'en offusqueront pas, bien au contraire. Cela donnera à vos interlocuteurs l'occasion de vanter les mérites de leur société. En apparaissant séduit par leurs réponses, vous les confirmez dans leur force de conviction.
1. Quelle a été l'évolution de la société ces dernières années en chiffre d'affaires, en personnel, en nouveaux produits ou services ?
2. Quels sont les principaux marchés de la société ? En un mot, qui sont ses clients directs ? A-t-elle une politique commerciale tournée vers l'exportation ? Quels sont les pays qui sont ses principaux clients ?
3. Quelle est la part de l'exportation dans le chiffre d'affaires ? À l'étranger, a-telle créé des filiales ou fait-elle appel aux services d'agents locaux ?
4. Quels sont, sans dévoiler vos secrets de fabrication ou de commercialisation, vos projets de développement à court et moyen terme ?
5. Qu'est devenue la personne qui occupait ce poste ? A-t-elle fait l'objet d'une promotion, d'une nouvelle affectation au sein de la société, d'un licenciement ou a-telle simplement donné sa démission et si oui, pourquoi ?
Cette liste n'est pas exhaustive, sans doute en trouverez-vous d'autres à poser, mais attention à la question qui tue !
Entretien : les gestes qui trahissent
Savez-vous qu'en dehors des questions pièges, il existe aujourd'hui quelque chose de beaucoup plus insidieux : l'analyse de tous vos gestes, mouvements ou postures que vous pouvez avoir lors de cet entretien d'embauche ?
Vous vous grattez l'oreille ? Vous croisez les bras ? Vous grignotez le bout de votre stylo ? Vous battez la mesure avec le pied droit ? Attention ! Ces gestes ne sont pas insignifiants : ils révèlent vos états d'âme à tel ou tel moment de l'entretien...
Ainsi, un candidat est en face du recruteur en position d'écoute active : il a le tronc penché en avant, les mains et bras ouverts vers le recruteur comme s'il voulait attraper ses paroles, etc. Bref, il est ouvert au dialogue. Puis soudain le recruteur lui pose une question, et là, brusquement le candidat se met en position d'écoute passive : il se rejette en arrière, croise les bras (geste de protection très fort) et la crispation des mains est telle que l'on voit ses doigts blanchir sous l'effort. En clair, le recruteur vient de lui poser une question majeure, une question embarrassante qui lui est extrêmement désagréable...
Ces comportements parasites peuvent être les plus divers : certains individus torturent leur stylo, leur porte-documents, etc. En réalité, c'est le recruteur qu'ils ont envie de torturer. Certes, les entretiens d'embauche sont très stressants puisqu'il s'agit de décrocher un emploi. Or, ces stress ou ces anxiétés laissent toujours le champ libre à toute une série de comportements et de micromouvements.
Cette méthode du "décodage du comportement" en a répertorié trois séries :
1. Les micromouvements de "régulation agressive"
Ce sont les plus fréquents car tout entretien d'embauche est porteur de tension. Le candidat sent qu'il a peut-être "gaffé". Seulement il ne peut laisser éclater cette tension extérieure. Force est de trouver une soupape. Alors il va mordiller son crayon ou griffonner un papier. Si l'on pouvait fixer un manomètre au bout du crayon à mine on y verrait parfois un degré de pression étonnante : une tension qui peut aller jusqu'au bris de la mine.
En réalité, faute de pouvoir casser la tête du recruteur, le candidat se contente de casser la mine. Autre exemple : le recruteur donne sa carte de visite au candidat. Le recruteur s'attend à ce que le candidat l'honore, or les recruteurs sont consternés par ce qu'ils voient : certains la plient en deux, d'autres se curent les dents avec ; tout juste si les candidats ne mangent pas cette belle carte qui porte le nom d'un recruteur. Voilà qui correspond, de la part des candidats, à une tentative très nette "d'anthropophagie" à l'égard des recruteurs !...
2. Les micromouvements de "régulation affective"
Le candidat les déclenche en général pour compenser un moment pénible de l'entretien. Ainsi, un candidat interrogé sur le résultat de ses études répond qu'il a tout raté en se passant les mains sur le visage et en se caressant les cheveux. Ce geste de douceur compense bien sûr une question embarrassante. A défaut de sa mère derrière lui pour lui caresser les cheveux, il l'a fait lui-même. Fumer fait aussi partie de ces mouvements de régulation affective car le contact avec la cigarette est très doux. Le fumeur est en pleine tétée;, c'est superbe. Fumer la pipe en revanche correspond à un mouvement de régulation agressive forte. Cela peut paraître curieux, car les fumeurs de pipe sont en général placides. En réalité, les fumeurs de pipe ont une capacité intérieure de révolte et d'éclat, mais ils utilisent toute une série de mouvements civilisés pour que l'on ne s'en aperçoive pas. Ils ne sont donc pas, selon l'auteur de cette surprenante méthode de décodage du comportement, des êtres paisibles et doux. Ce sont au contraire des révoltés fort bien dominés ou subjugués par eux-mêmes.
3. Les micromouvements de "régulation attentive"
Ils permettent d'écouter plus longuement un interlocuteur au prix d'une moindre fatigue nerveuse. Par exemple : les petits dessins ou graffitis que l'on fait sur un papier tout en écoutant quelqu'un ou le stylo que l'on n'en finit pas de démonter. En griffonnant ainsi le recruteur ne consacre que 50 à 60 % de son attention à l'écoute du candidat. Il fait une "dérivation", il se met en court-circuit, ce qui permet une écoute plus longue, meilleure, mais moins forte.
Pour user de cette astuce de recruteur, les candidats pourraient peut-être aussi déconnecter pour être plus à l'écoute des propos des recruteurs et être ainsi moins tendus. Peut-on maîtriser tous ces gestes ou micromouvements lors d'un entretien d'embauche ? Apparemment non, tout comme on ne peut changer son écriture très longtemps.
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